Alimentation, santé, animaux

Le pain

 

Ce que nous dit l'abbé Pareau

A propos du ruisseau du Moulin du Pian , appelé aussi ruisseau du Moulin de Vergne :
"Ce ruisselet a donc eu des jours de gloire. Ses eaux maigres aujourd'hui, abondantes jadis, ont fait tourner les meules d'un moulin désigné par deux noms et qui alimentait de blanche farine toute la contrée.

* * *
Il y a cinquante ans à peine, les grands et les petits propriétaires, suivant l'usage des ancêtres, semaient du blé, les premiers pour le vendre, les seconds pour s'assurer, sans bourse délier, le pain de l'année , et cette "précieuse dépouille de nos sillons" s'en allait au moulin à eau, ordinairement à dos de cheval ou de mulet, par l'étroit chemin de la vallée, ou au moulin à vent, par l'abrupte sentier du coteau. La farine revenait par les mêmes voies et les mêmes moyens au modeste logis du petit propriétaire. Il était souvent lui-même son propre boulanger, pétrissant de grand matin et cuisant dans le four attenant à la maison, son pain, non pour deux ou trois jours , mais pour deux et trois semaines . Enfant, je l'ai vu faire dans mon petit village et dans ma propre famille, et le pain cuit n'était pas la miche délicate et légère, pas même le pain de dix livres, mais ce gros pain de dix kilos qu'on ne connaît plus, que nous ne verrions pas sans frémir, et peut-être sans rougir, sur nos tables. Et certes, il n'était plus frais, au bout de la quinzaine ou du mois, ce gros pain de ménage, et néanmoins les estomacs d'alors ne se portaient pas plus mal que ceux d'aujourd'hui, les santés étaient même autrement florissantes. Les enfants de la maison, qui dormaient le bon sommeil des anges au moment de la mise du pain au four, assistaient avec un vif intérêt à sa sortie, car, à l'entrée du gouffre brûlant, se trouvait toujours, cuite à point, une friande galette. Ces temps ne sont plus ; on ne sème plus de blé, du moins à Bouliac et aux environs : personne surtout ne fait plus pain , et je me plains moins que personne de ce dernier progrès, car il me serait infiniment dur d'utiliser le four de la cure, comme l'ont fait sans doute , au siècle dernier, mes prédécesseurs, dont l'un d'eux le bâtit évidemment pour son usage personnel et non pour celui du du roi de Prusse.

***
 

Extrait de Les Cahiers de l'Entre-Deux-Mers, Mai 1995.


Le pain, les prix du pain, les boulangers
Le 21 janvier 1784, une ordonnance des jurats de Bordeaux interdisait aux boulangers, sous peine d'amende, de faire autre chose que le pain choyne, le co et le brun.
Le pain choyne était le pain blanc car réservé aux chanoines. Le pain co était le pain plus ordinaire et le brun de dernière qualité.(Tiré de la rubrique de Guy Suire, Les mots d'ici, du samedi 10 octobre 2009, du journal Sud-Ouest)

Les maladies

 

 

Il est impossible de connaître la mortalité par maladie de la population bouliacaise. Cependant, une étude sur la mortalité épidémique par maladie, faite dans le Rapport annuel présenté au Conseil municipal de la ville de Bordeaux par le maire en 1890, donne des informations intéressantes. Toutefois, il est impossible de transposer ces informations, concernant la ville de Bordeaux, à la petite commune rurale de Bouliac.

 

Dans le rapport mentionné, le tableau est complété par les remarques suivantes: "La fièvre typhoïde est endémique, à Bordeaux; la mortalité moyenne pendant les 20 dernières années est d'environ 5 pour 10 000 habitants. La variole, à part quelques réveils épidémiques, a à peu près complètement disparu. La diphtérie, le croup et l'anginne couenneuse semblent augmenter. La rougeole, la scarlatine et la coqueluche sont stationnaires. L'ensemble des maladies tuberculeuses, qui forment un contingent de mortalité considérable, ne varie guère non plus."

Le saviez-vous ? Sous le Troisième Empire, le bégaiement était un motif d'exemption pour les conscrits. Entre 1851 et 1870, un jeune bouliacais fut ainsi dispensé de ses obligations militaires.

La maladie de la pierre

La plus ancienne information que j'ai recueillie est une réponse du maire au préfet, datée du 6 mars 1830 :""pas un des habitants de la commune de Bouliac eut été ou fut en ce moment atteint de la maladie de la pierre."

Quelle est la raison de cet intérêt pour la maladie de la pierre qui est la plus courante des pathologies urinaires ? Caractérisée par la formation de calculs rénaux, elle est  appelée de nos jours : lithiase urinaire. Connue dès l' Antiquité, elle était guérie par Asclépios à Epidaure, selon la légende.

Celse, auteur romain, 100 ans après J.-C. a codifié l'opération de la taille vésicale dite taille au petit appareil qui consiste à inciser le périnée, la prostate et le col de la vessie, en attirant la pierre en direction de l'incision sous le contrôle digital de deux doigts introduits dans le rectum "en dépit des cris de la personne ... comme si la détresse du patient ne l'émouvait en rien." Il soulignait toutefois que cette opération ne devait être effectuée qu'en cas d'extrême nécessité.
 



Mais pourquoi le préfet de la Gironde, en 1830, s'intéressait-il à la maladie de la pierre ?

Encore une question sans réponse !

La variole ou petite vérole


On comprend mieux l'intérêt porté par le préfet à la variole qui était à cette époque une maladie redoutable.
La variole ou petite vérole est une maladie infectieuse d'origine virale, très contagieuse et épidémique.
Elle se caractérise en quelque sorte par un "mouchetage de pustules". L'éruption est caractérisée par l'apparition de taches rouges sur la peau, devenant des vésicules, puis des pustules avant de former une croûte. L'étendue en est variable et reste étroitement reliée à l'évolution de la maladie (une éruption de plus grande taille est un critère de gravité). Les lésions sont plus fréquentes au niveau du visage et des paumes. La lésion est rarement hémorragique (saignante), mais est, dans ce cas, gravissime.
La variole était un fléau redoutable et redouté. Elle tuait un malade sur cinq (chez les adultes, près d’un malade sur trois). Quand elle ne tuait pas, elle laissait souvent un visage grêlé, défiguré à vie. Elle est toujours restée hors de portée d’un traitement efficace.

 . La variole a tué de nombreux hommes célèbres en France, dont, entre autres, Hugues Capet et le roi Louis XV.
 

 

Jeune fille du Bangladesh atteinte de la variole
                               en 1973.

Historique
Connue dans la Chine ancienne où elle aurait été introduite en l'an 49 de notre ère, il est généralement admis que la variole fut introduite en Europe par les invasions arabes, à la suite de l'épidémie de la Mecque en 572. Cependant plusieurs savants ont aussi voulu voir la variole derrière l'épidémie qui frappa l'Empire romain durant le règne de Marc Aurèle, couramment appelée peste antonine. Le fléau s'est ensuite répandu dans le monde entier, causant, au cours des siècles, d'effroyables pandémies responsables de millions de morts. Elle est notamment la plus virulente des maladies qui décimèrent les populations amérindiennes lors de la conquête du Nouveau Monde, dès son arrivée en 1518.

En Inde, la variole est décrite dans les livres ayurvédiques. Le traitement curatif ayurvédique passait par l'inoculation d'un "matériau varioleux" vieux d'un an, issu des pustules de personnes ayant contracté la variole l'année précédente. L'efficacité de cette méthode a été attestée par le médecin britannique J.Z. Holwell dans un rapport au College of Physicians à Londres en 1767.

La première mention écrite de la variole vient d'un médecin d'Alexandrie, Aaron. Dès le XIe siècle, les Chinois pratiquaient la variolisation : il s'agissait d'inoculer une forme qu'on espérait peu virulente de la maladie en mettant en contact la personne à immuniser avec le contenu de la substance suppurant des vésicules d'un malade. C'est le premier ministre Wang Dan qui après la perte d'un de ses fils de la variole avait convoqué divers praticiens de toute la Chine pour mettre au point une prophylaxie. Un moine taoïste apporta la technique d'inoculation qui se diffusa progressivement dans toute la Chine.

Mais ces origines précoces sont remises en causes par certains auteurs et la première mention indiscutable de la variolisation apparaît en Chine au XVIe siècle.

Le résultat restait cependant aléatoire et risqué, le taux de mortalité pouvait atteindre 1 ou 2 %. La pratique s'est progressivement diffusée le long de la route de la soie. En 1701, Giacomo Pylarini réalise la première inoculation à Constantinople.

La technique est importée en occident au début du XVIIIe siècle, par Lady Mary Wortley Montagu, femme de l'ambassadeur de Grande-Bretagne en Turquie, qui l'apprend du docteur Emmanuel Timoni (ca 1670-1718), médecin de l'ambassade de Grande-Bretagne à Istanbul. Diplômé de l'université de Padoue, membre de la Royal Society de Londres depuis 1703, le docteur Timoni publie en 1713 dans les Philosophical transactions de la Royal Society son traité sur l'inoculation. Son travail est publié de nouveau l'année suivante à Leipzig. À partir de cette date, les publications sur ce sujet se multiplient, Pylarino en 1715, Leduc et Maitland en 1722… Elle est introduite en France plus tard. La première inoculation véritablement médiatisée est celle pratiquée par le docteur Théodore Tronchin en 1756 sur les enfants du duc d'Orléans. En 1760, Daniel Bernoulli démontra que, malgré les risques, la généralisation de cette pratique permettrait de gagner un peu plus de trois ans d'espérance de vie à la naissance. Elle suscita cependant l'hostilité de nombreux médecins.

Vaccination de Jenner

Pour la première fois, des années 1770 jusqu'en 1791, au moins six personnes ont testé, chacune de façon indépendante, la possibilité d'immuniser les humains de la variole en leur inoculant la variole des vaches, qui était présente sur les pis de la vache. Parmi les personnes qui ont fait les premiers essais, figurent en 1774, un fermier anglais au nom de Benjamin Jesty, et en 1791, un maitre d'école allemand du nom de Peter Plett. En 1796, le médecin anglais Edward Jenner fera la même découverte et se battra afin que l'on reconnaisse officiellement le bon résultat de l'immunisation. Le 14 mai 1796, il inocula alors à un enfant du pus prélevé sur la main d'une fermière infectée par la vaccine (via le contact avec les pis de la vache infestée), ou variole des vaches (« cow pox » en anglais). Trois mois plus tard, il inocula la variole à l'enfant, qui y résista, se révélant ainsi immunisé contre le virus. Cette pratique se répandit alors progressivement dans toute l'Europe. Néanmoins, la variole est restée endémique pendant tout le XIXe siècle et n’a progressivement disparu d'Europe qu’après la Première Guerre mondiale.

En France

En mai 1811, l'héritier impérial a été vacciné contre la variole par Henri-Marie Husson qui fut immédiatement décoré de la Légion d'honneur. Il déclara : "Bientôt, nous toucherons à l'époque où la petite vérole ne sera plus connue que par le souvenir de la terreur qu'elle inspirait, et par un sentiment de reconnaissance pour la pratique salutaire qui nous aura délivrés de ce fléau."

Un fléau redoutable comme le montrent les archives de cette maladie : à Paris, 14000 morts en 1716, 20000 en 1723, 14000 en 1796. A Bordeaux  et dans la campagne environnante, la variole tuait environ 10% des nouveau-nés avec un nombre équivalent de défigurés, estropiés, aveugles et "imbéciles".

Napoléon, qui admirait le médecin anglais Jenner, fit réaliser une expérience sur 50 orphelins militaires avec l'intervention déterminante du ministre de l'Intérieur Lucien Bonaparte. L'Etat mit alors en place une politique de vaccination obéissant à deux principes : la vaccination serait massive ou ne serait pas, elle s'imposerait sans être imposée. Avec les encouragements fermement exprimés de l'Empereur , les médecins les plus prestigieux de l'époque et des personnalités scientifiques importantes, une Société pour l'extinction de la petite vérole fut créée.

 

Vaccination contre la variole vers 1820

On vaccina d'abord l'armée, puis les préfets et les maires organisèrent des campagnes de vaccination et de persuasion des récalcitrants. Leur tâche était difficile car ils pouvaient publier les noms des familles frappées par la maladie et ayant refusé la vaccination mais il leur était interdit de priver ces familles de certains droits ou de leur imposer un impôt spécial. Contrairement aux craintes de l'Empereur, l'Eglise, dans une écrasante majorité, soutint les efforts en faveur de la vaccination. Certains curés profitèrent même de la cérémonie du baptême pour recommander la vaccination et la favorisèrent dans les presbytères et les écoles religieuses lors des séances de catéchisme. Certains curés de campagne allèrent même jusqu'à pratiquer eux-mêmes la vaccination de façon intensive.

Mais, il y eut des oppositions très vives. Au nom de la morale, le philosophe Kant déclara que la vaccination constituait pour l'humanité un "avilissement, puisqu'on introduit en elle une sorte de bestialité." Certains médecins soulignèrent les dangers de cette vaccination. Deux d'entre eux, Vaume et Chappon prirent contact avec les parents dont les enfants auraient été des victimes de cette pratique préventive. Vaume publia  Les Dangers de la vaccination démontrés qui fut vivement critiqué par le Comité central de vaccination chargé de suivre la campagne initiée par l'Empereur. D'autres livres circulèrent: hostiles à la vaccination, ils propagèrent la peur que l'homme puisse être contaminé par des maladies animales.

 

Article publié par le journal Le Monde en 2012

 

Les efforts de l'administration napoléonienne furent fructueux : dès le début du XIXème siècle la mortalité variolique chuta de 10% à 1%, la dernière épidémie de variole en France eut lieu à Vannes en 1954 avec 16 morts pour 73 cas connus ( Le sergent Roger Debuigny qui rendait visite à sa famille dans le Morbihan,  avait apporté avec lui de la soie de Saigon qui aurait été contaminée).

 

Le Comité Central de la Vaccine crée en 1803 et rattaché à l'Académie de Médecine en 1820 ordonne les campagnes de vaccination. La circulaire du 26/08/1880 réserve l'acte vaccinal aux seuls diplômés ( jusqu'alors les prêtres, religieuses, notables, instituteurs ... avaient prêté leur concours ). La vaccination de bras à bras restera la plus répandue jusque dans les années 1880. Les autorités se plaignent du faible nombre d'enfants vaccinifères - on récoltait sur leurs pustules la pulpe vaccinale servant aux vaccinations - imputé à l'opposition des familles .Cet obstacle disparaîtra dans la dernière décennie du siècle suite à l'adoption d'abord de la "vaccine animale" puis du procédé de conservation de la pulpe vaccinale qui permettra de s'affranchir de la présence de génisses lors des séances de vaccination. Si les vaccinations sont souvent dispensées gratuitement aux indigents , il s'en faut de beaucoup que la gratuité soit largement pratiquée. La création d'un service public de vaccination fait l'objet de débats dans lesquels le statut libéral de la médecine pèse d'un poids certain . De nombreuses voix appellent à une obligation vaccinale, seule capable de venir à bout de populations rétives et peu accessibles à quelque éducation sanitaire que ce soit. Dans les colonies cette obligation fut instituée plus tôt qu'en Métropole, ainsi en 1876 en Cochinchine. En 1843, 1858,1880 plusieurs projets de loi ayant en vue une obligation vaccinale échouent.

Le 15 février 1902 ,la loi sur la Protection de la Santé publique, en son article 6, rend la vaccination anti-variolique obligatoire au cours de la première année de vie ainsi que les revaccinations des dixième et vingt-et-unième années.
La vaccination n'est plus obligatoire en France depuis
1979, et les rappels ne sont plus obligatoires depuis 1984.

A Bordeaux

Les années 1870-1871 ont été marquées par un accident profond dans la croissance démographique de la ville...La guerre a sans doute arrêté l'immigration, et une épidémie de variole a entraîné une surmortalité très importante : 8213 décès en 1870 pour 4000 environ dans les années normales. Cette épidémie n'est pas liée à la guerre; elle a commencé en 1870 dès le début du printemps."

Bordeaux au XIXème siècle, Charles Higounet, 1969, page 239.

Remarque : Le tableau de mortalité épidémique pour Bordeaux, présenté en haut de page, donne les relevés de 1882 à 1891.

Le service municipal de vaccination a été organisé pour combattre une épidémie de variole qui a frappé Bordeaux en 1881. Auparavant, la maladie frappait tous les trois ou quatre ans. En 1870, le nombre des décès atteint 2070 pour une population de 192000 habitants ( 1077 décès pour 100000 habitants). En 1871, on compte encore 471 décès causés par la variole mais la maladie disparaît presque totalement en 1872 1873, 1874 et 1875). Le réveil épidémique se fait en 1876, et les années 1877 et 1878 connaissent un taux de mortalité de 122 et 144 pour 100000 habitants. En 1879, la mortalité tombe à  6 décès pour 100000 habitants, se relève en 1880 (44 décès pour 100000 habitants) et atteindra en 1881 le taux de 198 décès pour 100000 habitants.

Chaque fois que la maladie frappait, l'administration municipale organisait un service spécial de vaccination de bras à bras, avec du vaccin humain, dans des maisons signalées à la population. Mais la procédure bras à bras soulevait de fortes réticences et les efforts de la municipalité restaient inefficaces. L'épidémis suivait son cours naturel et s'éteignait d'elle-même.

En 1881, pour combattre l'épidémie, la municipalité adopta le vaccin de génisse que l'on pouvait obtenir en grande quantité et qui en outre, avait l'avantage de ne pas soulever les répugnances ou les craintes du vaccin humain. Cette innovation permit de pratiquer, en très peu de temps, un nombre très important de vaccinations. En outre, l'isolement des malades et la désinfection des linges et des locaux contaminés contribuèrent à faire disparaître l'épidémie de 1881 très rapidement.

Mais, une faille subsistait : lorsque l'épidémie était maîtrisée le système mis en place était abandonné. La population n'était pas protégée contre une nouvelle épidémie de variole importée par la voie maritime. Il manquait donc  une préservation permanente de la population.

C'est l'adoption du vaccin de génisse qui transforma la lutte contre la variole. Dès qu'une épidémie se déclarait, on transportait immédiatement une génisse dans le quartier concerné pour procéder à la vaccination des habitants. Le service municipal bordelais a même envoyé ses génisses dans certaines communes de la banlieue.

A partir de 1881, l'action mise en place porta ses fruits : en 1882, 34 décès pour 100000 habitants. Le tableau en haut de page montre que, à la fin du XIXème siècle, la mortalité due à la variole était en voie de disparition.

A Bouliac

Le 26 juin 1830, le maire écrivait, dans une lettre au préfet, "il paraît que les officiers de santé de mon voisinage s'occupent peu de pratiquer cette utile découverte à laquelle je le dis à regret les habitants des campagnes répugnent d'exposer leurs enfants."
Le 30  octobre 1838, l'état des vaccinations,  opérées en 1837, mentionne 11 vaccinations pour 14 naissances et aucun bouliacais atteint de la petite vérole. Le médecin vaccinateur était M. Soules de Latresne.
Le 28 février 1839, les archives du conseil municipal  nous apprennent que les vaccinations de  1838 concernaient 21 naissances et ont donné lieu à 15 vaccinations. Aucun sujet n'était atteint de la variole en 1838. Les médecins vaccinateurs étaient MM. Soules et Lacoste.

Prévoyance et mutualité

Elle existe à Bouliac depuis la fin du XIXème siècle.
La Revue de la prévoyance et de la mutualié (1905), dans sa rubrique des distinctions honorifiques décernées aux sociétés de secours mutuels,  fait savoir que M. Crémier a
 reçu la médaille de bronze.
M. Crémier était le père du forgeron qui exerçait encore en 1960;

En janvier 1926, La Revue Philantropique (n°341) signale que la consultation des nourrissons municipale de Bouliac a reçu une subvention de 120 francs (Subventions aux Oeuvres d'Assistance maternelle).

Le choléra

  Maladie transmissible, endémo-épidémique, le choléra est strictement limité à l'espèce humaine : il est provoqué par des bactéries du genre Vibrio et n'a rien à voir avec certaines infections animales comme le choléra des poules (causé par des Pasteurella). Originaire d'Asie où il existait depuis des temps immémoriaux, le choléra a connu plusieurs extensions meurtrières en Europe, Amérique et Afrique à partir du XIXe siècle. Depuis 1960, la maladie a pris une allure bactériologique et épidémiologique nouvelle, au point que l'on doit opposer désormais un choléra « actuel » au choléra asiatique « classique ».

Les grandes épidémies cholériques

    Le choléra, dont le lieu d'origine peut être situé au Bengale, n'a cessé de sévir de façon endémique dans le delta du Gange, avec des diffusions plus ou moins étendues au reste de la péninsule indienne. Durant des siècles, ses expansions périodiques restèrent limitées à l'Asie du Sud-Est. À partir du début du XIXe siècle, les progrès des échanges commerciaux et de la navigation contribuèrent à sa dissémination, à l'est vers la Chine et le Japon, à l'ouest vers l'Afghanistan, l'Iran, la Syrie, l'Égypte et le bassin méditerranéen. L'année 1817 ouvrit la première des six « pandémies » durant lesquelles le choléra déferla sur le monde : de 1817 à 1823, l'Asie entière fut atteinte et l'épidémie s'étendit jusqu'à la côte orientale de l'Afrique. Les frontières de l'Europe furent atteintes pour la première fois en 1823 à partir de l'Asie Mineure ; la Russie, l'Allemagne, l'Angleterre,
la France et finalement l'Europe dans son ensemble totalisèrent plus d'un million de victimes jusqu'en 1837 ; simultanément, le choléra atteignit toute l'Amérique du Nord et l'Australie. La troisième pandémie ravagea l'Europe et le bassin méditerranéen de 1846 à 1851 avant de gagner à nouveau l'Amérique du Nord. De 1863 à 1876, le choléra toucha à nouveau l'Europe, mais surtout se répandit, à partir du bassin méditerranéen, en Afrique jusqu'au Sénégal et en Amérique du Sud (république Argentine). C'est à l'occasion de l'épidémie qui frappa l'Égypte, une fois encore, en 1883, que Robert Koch découvrit le germe responsable : Vibrio cholerae. Une prophylaxie rationnelle put alors voir le jour. Elle n'empêcha pas la Russie et l'Europe centrale d'être atteintes à nouveau de 1892 à 1896 et même, plus tardivement, en 1902, en 1908, puis lors de la guerre des Balkans et lors de la Première Guerre mondiale. Cependant, les mesures prophylactiques finirent par porter leurs fruits ; ainsi la Seconde Guerre mondiale, malgré l'importance du brassage des populations, n'entraîna pas de nouvelle extension. Peu à peu, de 1910 à 1960, le choléra en vint à se cantonner dans ses zones endémiques d'origine et les épidémies demeurèrent toujours centrées sur le delta du Gange, avec des fluctuations en fonction des circonstances locales et des mesures prophylactiques. Ainsi l'activité incessante des instituts Pasteur d'Indochine contribua largement à la réduction du foyer de Cochinchine. D'autres circonstances favorisèrent la régression en d'autres points : les foyers de la Chine méridionale par exemple s'éteignirent grâce au blocus des guerres sino-japonaises.
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A Bordeaux

... depuis l'apparition du choléra en Europe , le trafic maritime véhiculait l'épidémie... Trois hôpitaux spéciaux doivent être aménagés pour les cholériques...les premiers cas de l'épidémie apparurent au début du mois d'août ; l'épidémie se développe surtout du 20 août au 25 septembre. Sur 341 cas déclarés, il y eut 275 décès, principalement parmi les gens de plus de 50 ans...si l'année 1849 a connu le choléra, qui a provoqué un excédent de 173 décès...Entre 1846 et 1851, la population de Bordeaux...malgré le choléra, passe de 125 320 habitants à 130 911...La mortalité bordelaise est irrégulière et reste marquée par des pointes épidémiques, de choléra notamment, jusqu'en 1855.

Bordeaux au XIXème siècle, Charles Higounet, 1969, pages 66, 67, 174, 239.


A Bouliac : plus de peur que de mal !

En mai 1832, le conseil municipal enregistre la possibilité "d'apparition du choléra" et la nécessité de secourir les indigents ; il vote une somme de 309 f 46 c "destinée à secourir au besoin les indigents de la commune atteint de cette maladie."  Fort heureusement, cette provision ne fut pas utilisée.
Le 15 juin 1836
, le conseil décida le recurement des jalles et fossés de la Pallus "pour éviter des maladies contagieuses."

L'ordonnance du 27 mai 1845 interdit la circulation des chiens non muselés, fait obligation du port d'un collier avec une plaque indiquant le nom et l'adresse du maître. Les entrepreneurs et conducteurs de voitures publiques ne doivent pas conduire des chiens non muselés Les marchands forains, industriels, voituriers doivent les tenir attachés très court  avec une chaîne de fer, sous l'essieu de leur voiture. Défense est faite d'attacher des chiens aux voitures à bras. Les chiens bouledogues, considérés comme très dangereux, ne peuvent être conduits sur la voie publique, même en laisse et muselés.En cas de morsure d'un chien présumé enragé, on appliquera les mesures affichées dans tous les postes de police.

La loi du 2 mai 1855 a établi sur les chiens une taxe dont le produit aidera  dans l'exécution de travaux municipaux. Cette taxe ne peut excéder 10 fr ni être inférieure à 1 fr. Chaque conseil municipal dresse un tarif soumis à l'approbation du conseil général. Les tarifs ne comprennent que deux taxes : la plus élevée pour les chiens d'agrément ou servant à la chasse, la moins élevée pour les chiens de garde. Du 1er octobre de chaque année au 15 janvier de l'année suivant, tous ceux qui possèdent des chiens sont tenus de faire une déclaration en mairie indiquant le nombre de leurs chiens et leurs usages. Ces déclarations sont enregistrées sur un registre spécial tenu par le maire.

 

 

 

 

A Bouliac

Le conseil municipal  a connu la loi du 2 mai 1855 au cours de sa séance du 23 août 1855 et après avoir délibéré a voté le tarif suivant:
 "première classe comprenant les chiens de luxe et de chasse   8 francs
seconde classe - chiens de garde -                               3 francs"

 

 

La rage

Délire furieux, revenant par accès, généralement accompagné d'horreur pour les liquides et d'envie de mordre...
 La rage est une maladie, particulière aux animaux du genre chien et chat et contagieuse à l'homme...Son histoire est très-obscure. Elle paraît cependant avoir été connue de très-bonne heure chez les Grecs  car on a cru en retrouver, des traces dans les écrits d'Homère et de Xénophon. Hippocrate n'en parle que d'une manière vague. Aristote, au contraire, la signale avec précision. Mais il faut arriver à Ceïse pour en trouver une description détaillée et surtout l'opinion de sa transmissibilité du chien à l'homme, dont les anciens paraissent n'avoir eu
aucune notion. L'histoire retrace les nombreux ravages qu'elle a exercés à diverses époques en Europe.

Grand dictionnaire universel du XIXème siècle, Pierre Larousse, 1866-1877.

 

 

En France, les mesures de police pour préserver des atteintes des animaux enragés ont été mises en place par l'ordonnance du 27 mai 1845 : elle obligeait à museler les chiens. De 1845 à 1853, 378 chiens enragés ont été amenés à l'Ecole vétérinaire. En 1854, après l'entrée en vigueur, le nombre de chiens enragés recueillis à l' Ecole Vétérinaire fut de 4 ; en 1855, il y eut 1 chien ; en 1856, également 1 chien ; de 1857 à 1861 : 0 chien.   Ces nombres montrent l'efficacité de l'ordonnance de 1854.

 

 

La rage est une maladie presque constamment mortelle chez l'homme lorsqu'apparaissent les premiers signes. Les cas de survie sont tout à fait exceptionnels. En revanche, la vaccination antirabique pratiquée entre la contamination et l'apparition des premiers signes est très efficace. Le vaccin a été expérimenté en 1885 par Louis Pasteur sur Joseph Meister, un jeune garçon mordu par un chien enragé sur le chemin de l'école à Meissengott en Alsace, en Alsace. Le maître du chien, Théodore Vonné, avait alors abattu la bête puis mené l'enfant chez le docteur Weber de Villé.
Extrait de Wikipedia

La rage a-t-elle frappé à Bouliac ?
Le chien du cultivateur Biguey  a été atteint et a mordu plusieurs animaux en différents endroits de la commune.   Le maire a estimé que l'animal a été trop tardivement abattu par son maître et que par conséquent "la sûreté publique exige impérieusement de ne rien négliger de ce que la prudence peut suggérer ... considérant que la saison des fortes chaleurs approche ce qui  multiplie habituellement les cas d'hydrophobie parmi les chiens, et qu'il importe de faire exercer une active surveillance de ces animaux pour prévenir de déplorables accidents qu'ils pourraient causer ..." Il a donc décidé que tous les chiens de la commune seraient muselés, qu'il serait interdit de les encourager à se battre et qu'ils seraient enchaînés à la charrette de leur maître.

 

 



Les chiens déclarés de la commune

Le relevé le plus ancien concerne la période 1835/1836 : 30 chiens sonrt enregistrés.
En
1872, la liste des possesseurs de chiens de garde et de chasse comporte 61 propriétaires avec 65 chiens de garde et 12 chiens de chasse.
En 1873, on relève 65 propriétaires de chiens avec 64 chiens de garde et 13 de chasse.
En 1877, 76 propriétaires avec 71 chiens de garde et 20 chiens de chasse.
Joachim Touchard, curé de Tabanac, propriétaire de la maison Vettiner, a déclaré un chien de garde.
En 1878, 81 propriétaires avec 81 chiens de garde et 19 chiens de chasse
En 1883, 68 propriétaires avec 61 chiens de garde et 21 chiens de chasse.

E

Chiens agressifs et abandonnés

Le 26 août 1829, l'homme d'affaires  de M. Meslan Laville  est mordu par un chien.

Le 12 juin 1838, Catherine Moulon a déclaré que "vers une heure du matin étant assise sur la borne de la grange de Monsieur Vigneral bordant le chemin de servitude attendant l'arrivée de sa voisine Jeanne Cornet pour s'acheminer à Bordeaux pour la vente des fruits, le chien de Madame Vve Labariere, propriétaire ... s'est précipité à l'improviste sur la femme Fradin, l'a renversée, déchiré ses vêtements et une morsure à l'épaule droite qui à la vérité n'est pas dangereuse".

Remarque : On partait à une heure du matin, vraisemblablement à pied, pour aller vendre des fruits à Bordeaux !      

Le 1er octobre 1872, M. Campagne déclare avoir trouvé sur le ponton des bâteaux à vapeur, aux Collines, un chien abandonné.

C'était à Bouliac, peut-être !

 

 

En hiver 1731, près de Bordeaux, 4 hommes furent attaqués : 1 seul survécut.

 

           Et la phitsie ?

De nos jours appelée tuberculose, elle a fait à Bordeaux 133 victimes en 1891. Maladie redoutée, car sans remède connu à la fin du 19ème siècle, elle sévissait également à Bouliac. Un jeune habitant de la commune fut soigné par le médecin Eugène Vovard par un curieux traitement.

 Texte extrait de De l'emploi du sang comme agent reconstituant dans la phitsie pulmonaire, publié en 1865, consultable à la Bibliothèque Nationale de France
(Site Gallica)


Les chiens, les vaches, les cochons ... et même les ours à Bouliac !
 

Des ours à Bouliac ?

Oui, vous avez bien lu ! M. de Buhan, conseiller municipal, les a vus. Le 13 août 1887, il a prié le maire d'écrire au préfet pour lui demander de décider l'interdiction de séjour d'une bande de bohémiens établis sur le chemin de Vimeney, entre Floirac et Bouliac, "avec une quantité d'ours, un de ces animaux même s'est échappé mais a été repris, ces animaux effraient les chevaux et peuvent occasionner des accidents. Monsieur le maire de Bordeaux a interdit le séjour sur le territoire de Bordeaux  de ces caravanes il ne comprend pas que le maire de Bordeaux ne les recevant pas les communes environnantes qui ont moins que la ville de Bordeaux, des moyens de surveillance, soient obligées de les recevoir."

 

 La lutte contre la divagation des animaux malfaisants ou furieux" est très ancienne à Bouliac. On trouve dans les archives communales un arrêté du 2 mai 1844 qui précise que "pendant la durée des chaleurs il y a danger de laisser sortir et divaguer les chiens non muselés"  et que "déjà plusieurs accidents sont survenus par suite de la négligence des propriétaires à tenir leurs chiens à l'attache non muselés." Pour lutter contre ces dangers le conseil décide une campagne d'empoisonnement des chiens errants, à partir du 6 mai jusqu'au 1er novembre : "il sera jeté dans les places publiques et chemins des viandes empoisonnées" et que "Si un chien est est réputé méchant ou soupçonné d'avoir été mordu par un autre chien enragé, il sera tenu à l'attache et tous ceux qui seront trouvés en divagation dans les chemins et champs seront abattus ou empoisonnés."

Le 25 février 1847 arrête: "Tout habitant de la commune possédant des chiens devra les tenir enfermés et attachés jusqu'à nouvel ordre. tout chien errant pourra être tué par le garde champêtre..."

En 1853, le maire ,dans un arrêté, souligne "que la saison des fortes chaleurs approche, ce qui  (?)  habituellement les cas d'hydrophobie parmi les chiens, et qu'il importe de faire exercer une active surveillance de ces animaux, pour prévenir de déplorables accidents qu'ils pourraient causer."

Le 13 août 1876
Les chiens non muselés risquent la mort !

La commune devait également lutter contre les animaux qui dégradaient les chemins. Ainsi, le 11 mai 1851, le conseil prend "connaissance de diverses plaintes au sujet des dégâts qui sont journellement occasionnés par des troupeaux de bêtes à cornes conduites par des individus étrangers à la commune qui les laissent pâturer dans les chemins" et "invite M. le maire à faire exécuter ponctuellement la loi qui interdit la dépaissance sur la voie publique."

Le 8 juillet 1883, M. de Buhan "se plaint amèrement de ce que les bestiaux séjournent très longtemps sur les chemins de la commune et sur le chemin de halage du Bord de l'eau, les propriétaires font pacager leurs bestiaux qui abîment tous les accotements, les font tomber, il prie monsieur le Maire de vouloir bien donner des ordres au garde champêtre pour verbaliser contre les propriétaires de ces troupeaux de bestiaux qui doivent passer sur les chemins mais non y séjourner."

 

En 1905, La Revue philomatique de Bordeaux et du Sud-Ouest, (volume 8, page 80) indique que Bouliac compte 44 vaches.

Le Globe (volumes 37 à 38, page 126) nous apprend que "... en 1876, on avait amené au marché de Bordeaux deux bisons gras, âgés de 4 et 2 1/2 ans, élevés par un propriétaire de Bouliac qui avait encore d'autres animaux pareils à vendre aux bouchers (Journal Officiel, 10 novembre 1876)."

 

Les chevaux et leurs voitures

Les jardinières étaient tirées par un ou deux chevaux...ou par un âne

 

 

 

Année 1872
 Ont déclaré         M. Chalès : 1 voiture à 4 roues et 1 cheval
               M. Bouluguet : 1 voiture à 2 roues
                        Mme Veuve Sussac : 1 voiture à 4 roues
                               M. Hervouet : 1 voiture à 4 roues et 1 cheval
                            M. Gardère: 1 voiture à 4 roues et 1 cheval
                            M. Jurine : 1 voiture à 4 roues et 2 chevaux
                                        M. Giard : 2 voitures chacune à 4 roues et 1 cheval

Année 1873
Neuf noms sont ajoutés à la liste des chevaux de 1872 et 13 noms pour les voitures dont celui de M. Baudet débitant au Marais ( l'auberge et épicerie) et de M. Serre, menuisier, propriétaire d'une "carriole suspendue pour le service de son industrie".

Année 1876
M. Girard a déclaré 1 voiture à 4 roues.

Année 1878
  M. Deffès a déclaré 4 chevaux de luxe, un vis à vis à 4 roues, un omnibus à 4 roues et un panier-duc à 4 roues.

                  Voiture vis à vis à 4 roues                                           Voiture omnibus à 4 roues                                                     Voiture vis à vis à 4 roues

       M. Abria déclare une petite charrette suspendue attelée par une anesse et M. Moucade une petite charrette suspendue attelée par un petit âne.
M. de Buhan se déclare propriétaire d'un cheval de selle.

Année 1879
La liste s'est considérablement allongée.

Ont déclaré           M. Raoux                 1 voiture suspendue
                           M. Giard                   1 voiture suspendue (jardinière) à 1 cheval pour le service des domestiques et des paysans et le transport des légumes à Bordeaux.
                           M. Des Moulins         1 voiture à un cheval(jardinière)
                           M. Degans                 1 jardinière pour le service de la propriété et de son épicerie.
                           M. Arnaud Jean          1 jardinière, au Marais
                           M. Avensail                1 jardinière servant à transporter le lait à Bordeaux
                           M. Brisson Jean          1 jardinière
                           M. Serre                     1 voiture à cheval(jardinière) servant à son industrie
                           M. Panchaud Bernard  2 carioles à cheval pour porter le pain
                           M. Daviaud                 2 voitures à 4 roues et 1 cheval servant au labour et aux dites voitures
                           MM. Badé et frères      1 voiture à 2 roues et 3 chevaux pour leurs charrettes
                            M. Cazaux                  1 voiture et un cheval servant pour cette voiture (marchand épicier)

Année 1893
Une note de juin 1893 indique qu'il n'y a pas de voitures à 4 roues au Dragon mais bien 2 voitures à 4 roues. Ces 2 voitures sont la propriété de Mme Vve Herman Cruse, les deux chevaux seuls sont à porter sur l'avertissement de M. Frédéric Cruse.

Année 1894
M. Mercier (propriété de M.  A. Rodel) déclare un cheval et une voiture à deux roues.