Château Le Pian


Château Le Pian : vue aérienne (2006)

Repères historiques

Le 16 juillet 1330, Edouard VIII d'Angleterre autorisa Doat Amanieu de Bouglon, serigneur de Latresne, à construire une maison forte crénelée dans sa propriété de Bouliac ; puis le silence s'étend pendant quatre siècles sur le Pian. au début du XVIIIème siècle , il appartenait à M. Lamalétie. En 1770, son fils, J. Lamalétie négociant à Bordeaux, vend le domaine à F. Bréthoux, avocat au Parlement. Dans l'acte de vente, J. Lamalétie déclare: "...la maison du Pian était complètement ruinée, et ledit bourdieu fut entièrement réparé et complanté par ledit sieur Lamalétie ; il consistait en maison de maître avec pavillon au-dessus, cour, allée d'ormeaux, jardin, colombier, verger et vignes, plus bâtiments avec chambre basse, chay, cuvier, parc et autres nature de bâtiments."

F. Brethoux vendit le Pian en 1775 à CH.-F. de la Salle Cailleau, qui le céda  en 1792 à Jean Vergnes, négociant ; celui-ci le garda jusqu'en 1829, date à laquelle il fut acheté par A. Gorret, capitaine de navire, et en 1832, Henri Laclaverie en devint propriétaire, jusqu'en 1866 où Henri Deffès, industriel, l'acheta. E. Guillon, qui a visité la maison en 1867, la décrit ainsi : "elle est composée d'un corps de logis bas , allongé, avec perron, pièces élégantes, salon-rotonde, comme les faisait l'architecte Louis, et vastes servitudes."

Vers 1870, H. Deffès fit démolir cette chartreuse - dont semble-t-il , J. Vergnes avait fait raser le pavillon, et fit appel à V. Mialhe (1802-1871), et à son fils, Paul, né en 1833, pour lui construire un important château, et "réhabiliter" les bâtiments d'exploitation, entre lesquels il fait ouvrir un portail d'accès. L'ensemble fut terminé en 1873. Le château vient d'être entièrement restauré en 1991...

...Un très beau parc, en terrasses, entoure le château sur trois côtés. Les bâtiments se composent d'une maison de maître, de plusieurs logements annexes, de serres, d'un bassin avec sa fontaine, de bâtiments d'exploitation, et d'une volière...

...V. Mialhe (1802-1871) fut l'élève de Poitevin (1782-1859) et le collaborateur deJ.-A. Thiac (1800-1865) ; ce dernier a construit à Bouliac le château Lavergne. Il est vraisemblable que V. Miahle a donné les plans du Pian mais que la construction qui s'est faite de 1872 à 1874 a été conduite par son fils Paul.

Ce bâtiment a été conçu pour donner des réceptions, et aussi pour exploiter un important domaine viticole. A l'origine, les cuisines et locaux de service se trouvaient au rez-de-chaussée. Les propriétaires actuels les ont transformés en salles de banquet.

Complément

(1) En 1874, le domaine (propriété Deffès) produisait 75 tonneaux de vin rouge.

(2) En 1824, sur le cadastre napoléonien, le domaine a une superficie de  57 hectares.

Façade est (1993)

Façade est (2009)

 

Façade est : porte entrée et balustrade du balcon au premier étage (1993)

Ensemble de la façade ouest (1993)

 

Façade ouest : Détail du perron et de la marquise (1993)

Façade sud : La chapelle est au deuxième niveau de la tour (1993)


 

Serre en contrebas de la première terrasse (1993)

Fontaine sur la seconde terrasse (1993)

 

Logement de paysans et volière (1993)

Bâtiments d'exploitation bordant la route de la Belle-Etoile (1993)

Début du XXème

Début du XXème

Dans son ouvrage Sur les traces de la traite des noirs à Bordeaux (2004), Danielle Pétrissans-Cavaillès a retracé l'histoire du commerce triangulaire à Bordeaux au XVIIIe siècle et montré quelle influence la traite des noirs a eu sur le développement économique et culturel de la ville, ainsi que dans les mémoires collectives.

 On peut lire page 70 :

"Comme toute la bonne société du XVIIIème siècle, les armateurs négriers ont acheté à la campagne "chartreuses" ou "bourdieux" pour la belle saison, et rentabilisent en général le placement par des cultures comme la vigne, les fruits et les légumes qui assurent une part e la consommation ménagère. On retrouve ces acquisitions près de Bordeaux.

page 72 :
A Bouliac.
Les De Kater sont établis à Palinois, au XVIIIème.

et page 75 :

"Sous l'Ancien Régime les armateurs ambitionnent l'accès à la noblesse. Parfois récompensés d'un titre par le roi, souvent acquéreurs de charges anoblissantes, ils se procurent également des "maisons nobles" qui leur permettent de "vivre noblement" sur leurs terres et d'encaisser les droits seigneuriaux. On les voit donc prendre pied bien au-delà de la zone proche de bordeaux jusqu'à l'Entre-Deux-Mers, et les Landes girondines...
A Bouliac, au milieu du XVIIIème siècle la maison noble du Pian appartient à Jean-André Lamaletie, négociant à Bordeaux, qui la revend en 1770.

 

Début du XXème