L'église de Bouliac

Repères historiques

Au VIème et VIIème siècle, Bordeaux était entouré de  domaines,  vastes espaces couverts de forêts ou de friches, et de villages, groupes d'habitations (vicus : nom latin donné à une petite agglomération). A cette époque, la vigne était cultivée sur les versants bien exposés qui dominaient la Garonne et ce vieux village a possédé une des premières fondations chrétiennes des domaines entourant Bordeaux : la "Vodollacensis basilica" citée par Grégoire de Tours dans son "Liber in gloria confessorum", rédigé vers 587-588.

Grégoire de Tours, Les sept livres des Miracles

 


 

Rien n'a subsisté de ce premier édifice religieux qui ne sera  mentionné qu' au XIIIème siècle avec les noms de quelques desservants qui partageaient leurs revenus avec les chanoines de Saint-Seurin,  de Saint-André et quelques seigneurs laïques.

 

Les deux dessins ci-dessous sont extraits de la monographie de l'église de Bouliac publiée par le Centre de Recherches Léo Drouyn de l'Université Michel de Montaigne hébergé dans les locaux du Centre Culturel de notre commune, à quelques pas de notre église.

L'ancien clocher démoli en 1864 .
Ce dessin a été donné par Léo Drouyn au marquis de Castelnau. Il nous donne à voir, à peu de choses près, l'église que pouvait admirer son curé Pey-Berland (1418-1430).

 Dessin au crayon réalisé par le Marquis de Castelnau le 5 juillet 1847. En comparant les deux dessins on constate que les créneaux percés de meurtrières  (dessin de gauche) ont disparu sur le dessin de droite. On peut donc avancer qu'is ont été supprimés entre 1823 (date de la réouverture de l'église) et 1847.


Cette aquarelle naïve du 18ème ou 19ème siécle , appartenant à l'album XIII de Léo Drouyn n'est pas de sa main. Michèle Gaborit, Maître de Conférences en Histoire du Moyen-Age à l'Université de Michel-Montaigne-Bordeaux III, en a fait le commentaire suivant :"Au premier plan, une procession se déroule avec le bedeau portant la croix, les enfants de choeur, le curé, quelques paroissiens et un enfant qui court pour rejoindre le cortège. Au premier plan , un arbre à moitié mort donne un aspect romantique à la composition. Ce qui fait tout l'intérêt de cette lithographie , par ailleurs naïve et amusante, est la vue de l'eéglise de Bouliac : on y voit à cette date , au-dessus de l'abside, une chambre forte percée d'archères  en croix pattées - qui est conservée - et, sur le mur sud de l'église, un parapet crénelé qui a disparu.
L'ancien clocher occidental et un porche bas qui le précédait, démolis tous deux en 1864, y figurent, comme sur le dessin du marquis de Castelnau en 1847.
On connaissait, dans l'album du marquis de Castelnau, conservé aux Archives Départementales, un dessin à la plume sur calque signé Léo Drouyn, dont la légende, écrite de sa main, précise qu'il s'agit de "l'église de Bouillac au commencement du XIXème siècle".


Après le curé Pierre Berland, les archives sont pauvres : une donation le 22 novembre 1480 de 12 liards d'un  habitant de Bouliac à l'oeuvre de Saint-Siméon de Bouliac et  autant au luminaire de Notre-Dame ce qui permet de supposer que l'église possédait, à cette date,  un autel dédié à la Vierge. On y trouve rapportées les visites épiscopales du XVIIème et XVIIIème siècle : visites du Cardinal de Sourdis et du Cardinal Meriadeck de Rohan.

La notice historique de l'abbé Pareau
page 161 de son ouvrage

A droite, en entrant, on lit sur le mur :
"Eglise Saint-Siméon de Bouliac."
"Basilique romane classée."
"Fondée aux premiers siècles sur l'emplacement de la villa du Gallo-romain Vodol, d'où Vodollacum, Bodollacum, Bouliac.
"Vers 580, St Grégoire de Tours y vénéra les restes de deux saints prêtres.
"Elle a servi de refuge aux habitants durant la guerre de Cent ans.
Elle a eu la gloire d'avoir pour curé Pey-Berland qui en releva les ruines.
"Elle résista victorieusement, en 1649, aux assauts du Duc d'Epernon,
"Mutilée par la Révolution de 1793, elle a été depuis restaurée et embellie par ses curés successifs, notamment par MM. Dubordieu, Vidal, Pareau.


Dimensions intérieures de l'église
page 160 de l'ouvrage de l'abbé Pareau

"Notre église comprend trois enceintes:
1° Celle du clocher mesurant 5 m 60
2° Celle de la nef ...............20 m 00
3° Celle du sanctuaire ..........8 m 60

Longueur totale      34 m 20

La nef a de large ..................8 m 60
20 x 8,6 = 172 mètres carrés.
Elle a de haut ........................8 m 15

Les travaux du XIXème siècle

Désaffectée pendant la Révolution, l'église voit sa réouverture  en 1823 après un appel à la générosité des bouliacais : "La plus petite paroisse du diocèse a cependant donné de 18 à 20 000 francs pour le rétablissement du culte." Mais, charpente et lambris nécessitent une remise en état. Les bouliacaises demandent alors l'aide du préfet puis de l'archevêque de Bordeaux. Le 7 mars 1827, la commune emprunte 4000 francs pour la réparation de la charpente.

 

Les grandes restaurations datent du Second Empire. Le 10 septembre 1854 la fabrique demande, au conseil municipal, une autorisation de travaux à l'intérieur de l'église. Le devis retenu par la fabrique s'élève à 25 000 francs pour des travaux à réaliser en deux étapes : d'abord, charpente, voûte en bois, carrelage des sols puis , dans un deuxième temps, le voûtement de la nef, la construction d'un porche, d'une tour et d'un clocher. Le projet est bloqué par l'architecte diocésien le 6 avril 1859 qui avance que "il n'est pas démontré que le clocher actuel soit insuffisant..."

Le 14 novembre 1858, le Conseil examine une délibération du conseil de Fabrique qui demande a être autorisé à faire des réparations à l'église et qui s'engage à solder la dépense s'élevant à 25200 francs, une partie de cette dépense (7000 francs) serait couverte par une souscription volontaire des habitants de 7000 francs.

Le curé Dubordieu reprend le projet du 10 septembre 1854 en utilisant une décision du Ministère de l'Intérieur de février 1856 indiquant que l'autorisation de l'évêque est suffisante pour l'exécution de travaux à l'intérieur d'une église. Le 30 août 1859, le Cardinal donne l'autorisation attendue pour la réalisation de la restauration intérieure de l'église en précisant "ce devra être sans préjudice de la construction du clocher pour laquelle votre zèle saura dominer les difficultés et les obstacles". Fin 1859 et début 1860, lambris et carrelage sont changés, les murs raclés, les sculptures décapées, et les 6 fenêtres de la nef sont restaurées à l'intérieur et à l'extérieur. Des travaux ayant été faits à l'extérieur, la Commission des Monuments Historiques, par lettre du 14 février 1860, demande l'arrêt des travaux. Cette lettre restera sans effet : deux grandes arcades sont établies dans l'épaisseur des murs nord et sud à l'intérieur, la nef est couverte d'un plafond de bois à caissons et l'abside est décorée  de peintures murales. A l'extérieur, la  partie triangulaire du petit clocher du chevet est démoli en 1861 puis reconstruit en pierre de Bourg (voir le dessin du Marquis de Castelnau du 5 juillet 1847). En 1864, c'est l'ancien clocher ouest qui est démoli pour laisser place à une nouvelle flèche, le clocher actuel, dont les clochetons seront terminés en 1870.

Le 20 décembre 1868, le Conseil approuve "que le maitre autel existant... soit remplacé par un autel neuf de style roman...et que la somme de 2000 francs léguée à la fabrique par Mme Veuve Sermensan aux termes de son testament du 20 novembre 1866 soit affectée à cette dépense."

 Le 10 octobre 1869, le Conseil vote une somme de 200 francs "pour solder la dépense de reconstruction du clocheton que la tempête du 20 septembre dernier a renversé sur la toiture de l'église..." Enfin,  1877 voit la démolition de l'ancienne sacristie, au sud, qui sera remplacée par la sacristie actuelle.

1872 : l'année de l'horloge !
Jusqu'à cette année, les bouliacais lisaient l'heure sur leurs montres ou leurs cadrans solaires.
Le 10 novembre 1872, le Conseil félicite le maire d'avoir doté la commune d'une horloge que l'on va prochainement installer dans le clocher, horloge "offerte par les habitants de la commune et divers divers soucripteurs. Il est décidé que chaque souscripteur sera invité à l'inauguration.

Le 15 août 1874, le Conseil apprend que le maire "a fait quelques dépenses à l'occasion de la visite que son Eminence le Cardinal Archevêque de Bordeaux a fait à Bouliac, telle que construction d'un Arc de Triom, tentures ... ces dépenses s'élèvent de 80 à cent francs environ... " Il le remercie "d'avoir bien voulu diriger ces constructions et donner à cette réception l'éclat que chacun a constaté avec satisfaction."

Le 31 mai 1877, le Conseil a connu une séance houleuse ! C'est la reconstruction de la sacristie qui était au centre des débats. On lit : " Monsieur le Maire... n'a pas cru utile de faire réunir le conseil municipal...Un membre témoigne le regret qu'une convocation spéciale du Conseil n'ait pas eu lieu sur cette affaire et demande à ce que ce regret soit inscrit au procès-verbal ! Cet extrait nous permet d'imaginer l'ambiance de ce débat. Quoi qu'il en soit, la sacristie a été reconstruite, le Conseil vote une somme de 500 francs pour la participation communale.


 Le curé Pareau avait été installé en 1876. Ecoutons le nous parler de cette sacristie :

"A mon arrivée, une masure vieille, basse, humide, servait de sacristie. Elle disparut en 1877, et se releva large, bien aérée, l'honorable M. Hugla, maire, dirigeant lui-même les travaux. Le pourtour est garni de haut en bas de placards où se logent de grandes richesses:
     6 ornements blancs,
    3         "          noirs,
     2         "         violets,
1        "          vert,
               6 chapes de couleurs diverses ;
nombreuses étoless, nombreux candélabres ; 40 costumes d'enfants de choeur ; bannières ; aubes ; surplis ; nappes ; linge d'autel ; écarpes ; anti pendiums ; missels ; livres liturgiques ; tentures funèbres ; trois tapis-moquettes ; croix ; encensoirs ; fleurs artificielles ; en un mot, tout ce que le culte requiert, s'y trouve largement.
Devenue trop petite, cette sacristie fut rolongée jusqu'au tombeau Castaignet, en 1895, et comme il n'est point permis à une administration sérieuse d'être imprévoyante, les nouveaux murs furent bâtis en double. S'il plait un jour à la Fabrique d'ériger une chapelle à la Vierge, elle n'aura qu'à faire tomber les parpaings où s'adosse l'autel et à construire une voûte.
Le prix total de ces deux bâtiments,avec leurs aménagements propres et divers, est en chiffres ronds de 5000 francs.

Les ornements sacrés, les livres, linges, ustensiles liturgiques, matériel de processins, du Jeudi-Saint, des sépultures, etc. etc. acquis depuis 1876, forment à coup sûr, un prix total qui n'est pas inférieur à 4000 francs. Notre dais seul revient à 4000 francs."

Des histoires de croix
On rencontre beaucoup de croix dans les archives communales et beaucoup de discussions les concernant ! L'abbé Pareau cite celle de l'ancien cimetière qui entourait l'église (actuellement place Chevelaure) :"Au centre de ce petit cimetière, s'élevait une croix de pierre, légèrement noircie et égrignée par le temps. Elle avait traversé les jours de la Révolution . Pourquoi, et par qui fut-elle démolie sous le pastorat de M. Dubordieu ?
Quels que soient le motif, et l'auteur que je n'ai pu sûrement connaître, il faut les blâmer. Démolir une croix, jamais, à moins que ce ne soit pour la faire plus belle...
Sur le carrefour de Robardeau et de Monjoan, Mme Castaignet , la femme de l'infortuné TU-TU, avait jadis érigé de ses deniers une petite croix de sapin peinte en noir , sur le modeste piédestal  de pierre que nous voyons aujourd'hui. En 1878, à frais communs avec M. Hugla et M. le Curé, elle la remplaça par la croix de fer actuelle.
Le dimanche qui suivit son érection, cette croix, encadrée de guirlandes vertes et toute parfumée des dernières senteurs de l'automne, fut solennellement bénite en présence d'un nombreux concours de fidèles.
Mgr Donnet a accordé 40 jours d'indulgences, applicables aux défunts, aux passants qui récite un Pater, un Ave et un acte de contrition.(1)

La croix du cimetière, fixée sur un piédestal en moellons, n'avait guère le pied plus long que les bras. M. Hugla fit don du bloc actuel qui est vraiment beau et la fabrique fit allonger le pied de la croix et dorer les attributs symboliques dont elle est ornée.
Une inscription sur plaque émaillée et une petite marche en bas du monolithe invitent les passants à dire un Pater et un Ave. 40 jours d'indulgences, applicables aux défunts, sont accordés à cette prière mais à la condition qu'on la dise, là même, aun pied de la croix."
(1) Dans un chapitre intitulé "LA GUERRE A DIEU" , après avoir relaté un fait divers daté de 1886, l'abbé Pareau écrit :"Vers la même époque, la petite croixde Monjoan fut renversée."

L'église avant 1930 : on distingue, à gauche et à droite du porche , le mur du cimetière

La croix baladeuse de 1826 que l'on peut voir actuellement à l'entrée du cimetière

 

 

Le récit de l'abbé Pareau

"Au centre de la place, s'élevait une croix, pieux souvenir du jubilé de 1826.
Nos édiles de 1880, trouvant qu'elle masquait !... leur oeuvre néfaste, la démolirent de leur propre autorité, sans faire l'enquête préalable et prescrite de commodo et incommodo.
On me dira : La Préfecture autorisa la démolition . - Soit. Mais, en l'autorisant sans exiger l'enquête, elle commit simplement une illégalité, ce qui justifie le reproche bien connu : les républicains se passent facilement des lois qui les gênent.

Ce n'est pas cependant l'esprit d'impiété qui renversa la croix. En décembre 1880, un nouveau piédestal se dressa pour la recevoir , vis-à-vis du portail du domaine Manières. La neige força le maçon , M. Léli Badé, de suspendre son travail. arrivèrent les élections de janvier 1881 ; la majorité de surprise disparût, et la croix n'avait pas pris  place sur le piédestal inachevé.
A ce moment, M. Desgranges, étant venu de Guitres visiter Manières , se plaignit à la Préfecture de ce nouveau piédestal illégalement construit  qui gênait, pour un attelage l'entrée et la sortie de son domaine. La Préfecture jeta cette juste réclamation aux oubliettes.
En 1884, Mme Desgranges, reprenant sous une autre forme la protestation de son mari, demanda par une pétition signée de 130 électeurs que le piédestal revint à son ancienne place, et, M. Hugla, en transmettant cette expression de nos voeux à M. le Préfet, mit sous ses yeux ma proposition de bâtir le piédestal et de l'entourer de grilles, sans frais pour la municipalité. M. le Préfet mit encore le tout au panier. Et voilà comment se pratique l'égalité sous notren république franc-maçonne et athée : pour les uns tout, même l'arbitraire, pour les autres rien, pas même l'équité.
Le piédestal bâti devant le portail de Manières y est resté 18 ans sans la croix ; le maire actuel, M. Hostein, l'a fait démolir en 1898.
Quant à la croix inutilement bannie du centre de la place, elle reta deux ans indignement couchée, sur la place même, le long d'un mur. J'obtins enfin l'autorisation de la fixer dans le Cimetière, au chevet de l'Eglise.

Le 3 août 1884, le Conseil prend connaissance de "la pétition de Madame Desgranges née Biron demandant que le socle de la croix qui a été construit au devant sa propriété soit démoli et, reconstruit sur l'emplacement que la croix occupait antérieurement. Cette demande est appuyée de l'approbation de cent trente habitants de la commune qui demandent le rétablissement de la croix.
Joint à cette pétition il y a l'engagement de Monsieur Pareau curé de Bouliac, signé de lui,  prenant à sa charge tous les frais de construction du socle, grille (?) Cette grille ne couterait rien à la commune. En présence de cette demande, le Conseil décide la reconstruction et le rétablissement de la croix ... En attendant, le Conseil décide qu'une barrière sera placée sur la Place afin que les avis puissent se produire avant l'établissement et la construction ; le conseil se transporte sur la Place et fixe d'une façon provisoire l'emplacement sur lequel sera édifiée cette construction."

Les travaux du XXème siècle

Des travaux importants ont été réalisés en deux temps. De 1973 à 1978, M. Duru, architecte des Bâtiments de France, fait gratter intérieurement l'abside, et en fait refaire le sol ; les fenêtres sont restaurées en enlevant quelques chapiteaux romans pour les remplacer par des blocs de pierre. Ceux qui furent laissés en place ont été remplacés en 1990-1991. Quelques années plus tard, de 1984 à 1991, M. Fonquernie, architecte en chef des Monuments Historiques, restaure le sol de l'abside à son ancien niveau, supprime deux autels latéraux, installe un nouveau système de chauffage et d'éclairage, un autel de pierre dans la travée droite de l'abside, harmonise l'extérieur du chevet et rénove les peintures murales de la nef.

Les peintures détruites

 Une des nombreuses représentations du tétramorphe :
les quatre animaux ailés tirant le char de la vision d'Ezéchiel.
 

En 1974, la restauration de l'église détruisit les peintures du chevet (voir les cartes postales ci-dessous) commandées en 1872 à Joseph Villiet. Exécutées à la cire, procédé très utilisé au XIXème siècle produisant des couleurs vives, ces peintures couvraient tout le sanctuaire. Dans le cul-de-four de l'abside sur fond or imitant la mosaïque, comme dans les églises byzantines, on pouvait admirer une Trinité : sous la colombe du Saint-Esprit, Dieu le Père tenait la croix ornée de l'image du Rédempteur crucifié. De larges rinceaux, portant des médaillons représentant les quatre Evangélistes, enlaçaient la mandorle ornée de cette Trinité. Cet ensemble très coloré, aux contours cernés d'un trait noir, se détachait vivement sur le fond azur clair, comme sur les manuscrits du XIème et XIIème siècle.
La composition centrale  rassemblait : le tétramorphe  (voir ci-contre), le Christ en Gloire et la Trinité.

 

Cette Trinité bouliacaise rappelait la célèbre fresque de Masaccio de l'église Santa-Maria-Novella de Florence (1426).

 Une des nombreuses représentations du Christ en gloire

 

L'église dans les années postérieures à 1930 (car l'ancien cimetière a disparu). La croix, à gauche de l'abside, a été placée, vers 1960(?), à gauche de l'entrée du cimetière actuel.

Le rapport ci-contre donne la description détaillée la plus ancienne  de l'église de Bouliac (1854) et des dessins réalisés par M. Déjean, d'après le relevé et sous la direction de
M. Alaux, architecte

 

 

 

 Vestiges du maître-autel dessiné par l'architecte Hostein en 1868, érigé par M. Vidal grâce à une subvention de la fabrique et un don de 2000F venant de Rose Vial, veuve Sermensan.

" oeuvre romane d'une exécution irréprochable" a écrit l'abbé Pareau.

La porte émaillée du tabernacle ornée de l'image en relief du Bon Pasteur portant la brebis rappelait les premières représentations des catacombes. Elle est, actuellement, incluse dans le mur du chevet. Il était surmonté d'une fortification crénelée symbolisant la Jérusalem Céleste.

Photographie aimablement offerte, en 2010, par Michel Costa, correspondant à Bouliac du journal Sud-Ouest.

Les grandes orgues de l'abbé Pareau

D'où vient l'argent ?

 

Le curé Pareau raconte : "En 1878, Mme Veuve sensine me fit remettre de la main à la main 5000 fr. De cette somme confiée à mon honneur, avec libre emploi, j'ai consacré 1000 fr à la construction de la première sacristie, 1000 fr à l'achat de la cloche n° 3, et 3000 fr à faire boule de neige.
Arrivée  à la grosseur de 15000 fr - Comment ? je n'ai pas à le dire. - Cette boule blanche, immaculée, craignant de courir de tristes aventures par ce temps de lois antifabriciennes et de panamistes frippons en Chambre législative se fondit et se transforma, l'an 1896, en tribune, orgues et buffet d'orgues."
(page 74)

Ces grandes orgues  occupent tout le mur ouest de l'église. Le buffet est réalisé par Félix Boucher. Sur la balustrade de la tribune, le curé a fait placer une niche occupée par une belle statue de sainte Cécile (oeuvre de Tournier ou Fournier) .

 

Les grandes orgues avec la statue de Sainte Cécile dans sa niche.

"La forme et l'exécution du buffet des orgues semblent irréprochables. On se demande comment dans un espace si restreint, sans avancer sur les fenêtres, on pourrait faire plus gracieux, plus beau, plus grandiose ? comment aussi on pourrait ciseler  plus finement, d'un coup plus achevé colonne et chapiteaux ?
Le buffet est divisé en deux parties, à cause de l'arceau qui donne accès dans le clocher. elles se relient par la balustrade d'une tribune, dont la ligne raide est coupée par un ciborium, sous lequel s'abrite une ravissante Ste Cécile. Cette vierge radieuse, "Cet angélique semeur des chastes conseils" a été faite exprès pour nous, d'après une maquette préalable dont on a discuté longuement le vêtement, la pose, l'air inspiré. Le prix total est de 9000 francs. L'auteur des buffets est M. Félix Boucher, Bordeaux."

Un oiseau chante dans cette cage magnifique. Son chant est puissant, ses modulations toujours harmonieuses sont tantôt graves et profondes, tantôt douces, suaves, lointaines comme l'écho languissant des voix angéliques, qui redisent au ciel l'éternel hosanna.
Ce chantre divin sort des ateliers de M. Gaston Maille le facteur bien connu de notre ville. Il a dix jeux. Il coûte 8000 francs."
(Abbé Pareau, page 63 et 64)

Les cloches
racontées par le curé Pareau

"La plus ancienne de nos quatre cloches porte sur son pourtour : " M. Michel-Joseph de Gourgue , président au Parlement de Bordeaux, parrain : Mme Marie de Lion, son épouse, marraine ; J.-B. François Olivié, curé ; AugustinDupuch, fabriqueu ; Poulange, fondeur.
A la suite, viennent deux fleurs de Lys, mais point de date. Ces lys, les termed de l'inscription, et le pastorat d'Olivié, qui dure de 1759 à 1791, permettent d'affirmer que cette cloche est antérieure à la grande révolution du siècle dernier. D'autre part, comme Michel de Gourgue a présidé le Parlement de l'an 1771 à l'an 1790 (1), que Poulange apparaît comme fondeur seulement en 1780, on arrive à conclure que le baptême de notre cloche eût lieu entre 1780 et 1790.
La réparation des accessoires de cette cloche, chapeau coussinets, etc., nous a coûté, en 1898, le chiffre de 300 francs.

En 1878, la foi de mes paroissiens, toujours généreuse lui donna trois soeurs jumelles, merveilleux enfantement qui causa dans la paroisse une allégresse universelle. Tout le monde accourût à la fête du baptême. Elle fut belle , grandiose. C'était le 3 septembre. Son  E. le card. Donnet la présida, entouré des principaux notables de la paroisse, sous les regards rayonnants d'une foule ravie. Jamais nous n'avons eu si bel arc de triomphe sur la place centrale. Deux lignes de mâts enguirlandés et ornés de bas en haut d'oriflammes de couleurs variées partaient du fond de la place et venaient former au sommet un rond-point, une sorte d'abside dont la voûte en guirlandes fleuries s'en allait en avant de plusieurs mètres. C'est sous ce berceau gracieux et parfumé que M. le Maire, en écharpe, escorté de son Conseil, en présence du clergé, devant une foule de braves citoyens souhaita la bienvenue à son Eminence...
Le lendemain de cette fête inoubliable, nos trois jeunes néophytes, quittant leurs blanches couronnes et les fines broderies de leurs vêtements blancs, montèrent de notre nef dans leur cage aérienne auprès de leur aînée.On lit sur la première de ces trois cloches, qui est la plus grosse des quatre :
 

Marie-Angèle.
    Parrain :      Jean Hugla, maire.
Marraine :     Angèle Bourgès.

J'appelle les vivants ;
Je pleure les morts ;
J'embellis les fêtes .
Fidèle à sa devise, cette cloche sonne à tous les enterrements, mariages, baptêmes et fêtes solennelles. Elle pèse 847 kil.

J'ignore le poids de la cloche numéro 2, l'ancienne. C'est sur elle que l'horloge, construite en 1873, frappait les heures. En 1878, M. le maire, Hugla, les fit frapper sur la cloche numéro 1.

La cloche numéro 3 porte ces mots :
Marie-Alexandrine.
Parrain : Alexandre Charriol ;
Marraine : Marie-Laure Chalès.

Montagnes et collines louez le seigneur .
au coeur immaculé de Marie.

Mme Vve Sensine.
Cette cloche pèse 238 kil.
 

La cloche numéro 4 est le don d'une personne qui déclara ne vouloir jamais être connue. On y lit :

A Saint-Joseph.
L'homme fidèle à Dieu sera glorifié.
Louise-Angèle.
Parrain : Pierre-Louis Reyt.
Marraine : Angèle Panchaud.
Cette cloche pèse 96 kil.

A chacune de ces trois inscriptions s'ajoutent ces mots :
L'an 1878,
Sous le Pontificat de Léon XIII.
Le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux.
E. Pareau, curé de Bouliac.
Henri Deyres, Fondeur, Bordeaux.

Nos trois cloches , ensemble, pèsent 1181 kil., et coûtent 3.60 le kil.
Total 4249 fr.60.
Nous dûmes doubler les madriers du beffroi trop faible pour les soutenir, et nous eûmes de ce chef une dépense de 627 francs."

 

 

 

L'intérieur de l'église avant les travaux de la fin du XXème siècle

 

La présence de l'autel montre que ces photographies sont antérieures à 1974, date de la grande restauration de la nef qui fit disparaître tout le mobilier du XIXème siècle et l'abat-voix de la chaire. La nef perdit ses statues, ses autels, ses lustres et son chemin de croix. Elle garda le confessionnal en chêne de Hongrie  (Hugla, 1881), visible sur la photo ci-dessous à gauche.

"Le confessionnal actuel, en chêne de Hongrie, d'une forme si gracieuse, d'une exécution si pure, remplaça, l'an 1881, un vieux confessionnal de sapin.
Il est surmonté d'un calvaire ; la source des pardons divins est pacée au-dessus des aveux repentants du pêcheur. Prix total 2100 francs".
(Abbé Pareau, page 62).

L'intérieur de l'église en 2010

L'autel en 2010

L'église au XXIème siècle

Reproduction du parchemin de présentation de l'église, inaugurée en 1995.

La superbe chaire que l'on peut admirer en 2010 a été réalisée par Paul Hugla en 1875 grâce à un don de 5000 francs de M. Gardère. Les quatre panneaux sculptés représentent Moïse, David, Saint Pierre et Pie IX.

Ami lecteur, si tu possèdes quelques photos de l'église de Bouliac, adresse-moi leurs copies pour enrichir ce site.

 

Quelques photos empruntées au diaporama de Sylvie Ometz

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